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Célèbres, aujourd’hui

Pompier, gendarme, chanteuse, maîtresse …
C’est qu’il s’en cache, de doux rêves et de grandes ambitions, derrière ces métiers qu’envient la plupart des petites filles ou des petits garçons. Et pour cause ! Autorité, respect, reconnaissance, notoriété sont autant de repères et de bonnes raisons d’exister, de grandir… De bonnes raisons, certainement aussi, de se rendre utile. Et on se sent d’autant plus utile, croit-on, lorsque les autres vous regardent avec respect ou envie. L’uniforme, l’habit, la fonction, suffisent d’abord à l’enfant pour se dire que, plus tard, il s’en parera pour devenir un être vivant légitime, utile pour les autres donc pour lui-même.
C’est évident ! On a tous besoin de trouver une place, d’abord dans notre noyau familial et ensuite au sein de la tribu ou dans notre environnement social. On n’existerait que dans notre rapport avec les autres et pas besoin d’usurper la fonction de psy pour le prétendre et surtout pour l’expérimenter.
Plus tard, en grandissant, certains d’entre nous dépasseront le simple cadre de la fonction, de la carte de visite, du rôle attribué par la société pour se faire un nom. Un nom entendu, un nom reconnu… un nom célèbre !
La fonction crée l’organe, assurait le célèbre naturaliste Charles Darwin, en observant l’évolution des espèces. Lui aussi s’est fait une place dans le monde de la célébrité, en se confrontant aux dogmes et en devenant une sorte de parjure. Si les espèces se sont débrouillées toutes seules pour survivre et pour vivre, que fait Dieu dans tout ça ?
La fonction crée l’organe, la célébrité crée le nom… Un nom pour en tirer quel intérêt, quel avantage pour soi ou pour les autres ? Pour s’adapter à quel impératif de survie ou de vie ?
Nous avons tous, en tout cas une grande majorité d’entre nous, à résoudre quelques problèmes matériels ou existentiels. Certains, par les bienfaits d’héritages, sont exonérés des soucis matériels et plient sous le poids de préoccupations existentielles quand d’autres, initiés aux mystères de l’existence, doivent occuper une bonne partie de leur temps à dénicher subsistance et pitance ! J’en connais même à qui Dame Nature a joué la bonne farce de ne les nantir ni de l’un ni de l’autre.
Et c’est indéniable ! Avoir un nom reconnu permet d’ouvrir des portes… Mais d’ouvrir des portes seulement ! C’est en tout cas ce qu’affirment en chœur ceux qui tutoient la célébrité.
Car on peut facilement, très facilement, fantasmer sur la célébrité et sur le fait de se retrouver avec un nom connu. Il n’est qu’à allumer sa télé, feuilleter les magazines « people » ou fréquenter quelques lieux branchés (avec quoi ?) pour entendre, voir, lire ou exprimer ce à quoi l’humanité semble aspirer, du plus profond de son mal être… Pour le moins, cette partie de l’humanité qui semble s’asphyxier d’un manque de bonheur, matériel ou émotionnel.
Comme si être ou devenir célèbre garantissait une part de ce bonheur résiduel que recèlerait encore notre bonne société !
Alors… Justement ! La célébrité fait-elle le bonheur ?
France Gall nous a chanté que : « L’argent ne fait pas le bonheur ». Elle aurait pu ajouter : « La célébrité ne fait pas le bonheur ! » ? Et là, l’histoire fait hurler de rire tous ceux qui ne disposent pas d’assez d’argent ou de reconnaissance à leur goût ! Et chacun sait que, argent et célébrité vont souvent ensemble… Sauf pour ces rares exceptions qui font toutes les bonnes règles comme l’Abbé Pierre ou Sœur Emmanuelle. Mais ceux-là appartiennent à un autre monde, à un monde presque parfait, en tout cas un monde certainement meilleur. Et ça rassure, de savoir qu’au cas où les choses tourneraient mal, il existe une autre planète qui nous attend, un autre modèle de vie si celui-ci échouait… Mais, bon ! Pour l’instant, celui-ci, avec ses strass et ses paillettes, ses coups de dés et ses coups du sort, ses bons et ses méchants, ressemble trop à Disneyland. Et, à nos âges, n’est-ce pas… ! On verra bien plus tard, il sera toujours temps de devenir sérieux.
Au milieu de ce gigantesque parc d’attraction qu’est devenue une bonne partie de « Terreland », l’une de nos principales préoccupations semblerait de vouloir devenir acteur de celui-ci, plutôt que spectateur. Enfiler le costume de Mickey ou faire le Guignol est devenu la première ambition de quelques-uns de nos contemporains, qui avancent pas à pas, à nos côtés, dans la grande file d’attente du destin.
Il faut dire que l’ère médiatique n’a pas arrangé les choses. Ce qui, dans les pages de l’Histoire, était réservé à une élite, à quelques privilégiés ayant charge par héritage ou par fortune, est aujourd’hui devenu à la portée de tous et l’objectif de quelques-uns. Ere médiatique oblige… mais pas seulement ! Notre siècle passé, le 20ème, a vite fait découvrir à quelques marchands réceptifs qu’il était intéressant et profitable de faire de l’argent avec ceux qui se font un nom ou en rêvent. Et l’ère médiatique a ainsi inventé une multitude de métiers qui spéculent ( une occupation à la mode !) et capitalisent sur des noms. Des noms fabriqués, pré-fabriqués, hérités, effrités, galvanisés, engagés, des noms qui chantent, jouent, courent, écrivent, réalisent, inventent, découvrent, paradent, décident, légifèrent, contestent, gesticulent, créent, détruisent, pillent, assassinent…
Des noms protégés, vendus, promus par ces nouveaux métiers que sont les producteurs, entraîneurs, éditeurs, agents, attachés de presse, animateurs…
Et nos troubadours, dans tout ça ? Les vrais, les authentiques, ceux qui affichent un véritable talent et travaillent dur pour en avoir ? Que deviennent-ils dans ces mains ensorceleuses qui possèdent ce dangereux pouvoir de transformer tout « être rêvant » en pauvre lapin sorti d’un chapeau, sous un coup de baguette cathodique. En pauvre lapin que ces mêmes mains laisseront rôtir à petit feu sous les projecteurs éphémères d’une gloire en carton pâte…
Après l’ère du talent recherché que s’arrachait un public en mal de modèle et de rêve, est venue l’ère du talent découvert et remodelé par des professionnels en mal de chiffres d’affaires. Aujourd’hui, s’abat sur l’art, l’ère du talent fabriqué, usurpé, robotisé… L’art du talent jetable pour une société de consommation pourtant saturée de devoir consommer. Mais la consommation rassure. La consommation fait illusion. Illusion de liberté et d’indépendance face à des produits sans cesse renouvelés. Mais surtout illusion d’appartenance et de possible… D’appartenir à un monde où tout est possible. A un univers où ce qui peut arriver aux autres peut aussi vous arriver. Loto, jeu du « Millionnaire », quinté, Star Ac’, Ferme des célébrités, Koh Lanta et autres tremplins du rêve, dont les seuls gagnants restent, on le sait, les promoteurs. Faire de « tout un chacun », la célébrité d’un moment, est devenu une véritable rente pour les nouveaux pourvoyeurs avisés de l’ego et du rêve.
Mais c’est vrai aussi que l’on n’a rien sans rien, et que ces tremplins médiatiques servent à tous ces jeunes en mal de gloire rapide… De toute façon, le talent et le travail finissent par faire la différence, quel que soit le tremplin… Ne jetons pas la seule responsabilité de l’éphémère et du superficiel aux promoteurs et organisateurs de ces jeux du cirque des temps modernes.
Qui n’a pas, une minute de sa vie, eu l’ambition de faire de son nom une enseigne connue ? Reconnue pour son talent, son mérite, son audace, sa particularité et prendre ainsi soit une revanche, soit une avance sur la vie.
« Je suis , donc j’existe »… J’ai un nom donc j’existe, j’ai le pouvoir… Le pouvoir de dire, de faire, de prendre, de donner, de défendre.
Une aubaine, en soi !
Qui le condamnerait ?
C’est chose connue. Il est plus facile de vendre du rêve que de proposer de la réalité. Il est plus aisé de motiver les foules pour des idées que pour des actes. Il n’est que d’observer le contenu des publicités commerciales. On ne vend jamais un produit mais son objectif final. Ce n’est pas le yaourt minceur qui fait vendre mais le ventre plat du mannequin. Ce n’est pas le bilan d’un candidat au suffrage républicain qui le fera élire mais ses nouvelles promesses… et plus encore, son art d’y faire croire à un électorat pourtant rompu à toute forme de duperie.
Et ce n’est plus le talent ou la particularité qui fait la célébrité, mais bien le rêve que ça peut, aujourd’hui, arriver à n’importe qui et surtout à soi-même.
Poudre aux yeux, miroir aux alouettes, voile de l’illusion… Etre célèbre aujourd’hui est un rêve devenu accessible. Pour le bonheur de qui ?
Einstein aurait sans doute pu le démontrer. La célébrité est véritablement un état relatif. Car il n’existe de célébrité que dans sa relation avec l’autre et plus exactement avec les autres. En quelque sorte, nous sommes tous célèbres à un moment plus ou moins prolongé de notre vie.
Je suis célèbre, forcément, dans mon univers familial. Je peux l’être également dans mon univers professionnel, associatif, dans mon quartier, dans mon club de sport… Parce que j’exerce des responsabilités, je fais autorité, j’ai une compétence reconnue, je rends des services. Il existerait donc une célébrité au quotidien, simple, humble. Je suis célèbre parce que je suis.
Mais voilà ! Cette forme de célébrité de tradition ne rapporte pas assez, ne brille pas suffisamment. Etre célèbre, c’est être connu de tous, nous enseigne le « Petit Larousse ». Seulement… Que signifie ce fameux « tous » ? La célébrité est bien un état relatif et ne vaudrait que par le volume des gens qu’elle fait rêver et qui constituent un marché à exploiter.
Je l’avoue ! Je n’ai pas échappé à la grande règle et je reconnais que l’idée d’avoir mon nom en haut d’une affiche ne m’aurait pas déplu. Il y a un certain temps… Aujourd’hui, le fait de voir figurer mon nom quelque part n’a d’autre intérêt, en ce qui me concerne, que celui de pouvoir apporter quelque chose au métier que j’essaie d’exercer ou encore, à la cause que je peux servir. Car je pense également que, toute humilité gardée, il faut savoir utiliser son nom, si toutefois celui-ci représente une quelconque importance.
Et c’est bien là que se cache le problème… La célébrité a beaucoup de points communs avec l’argent. Ceux qui en ont pour l’avoir gagné le disent souvent : « Quand on a de l’argent, on n’a plus de temps et, quand on a du temps, il manque l’argent pour en profiter ! » On pourrait dire la même chose de la célébrité : « Lorsque l’on n’est pas connu, on veut se faire un nom pour simplement exister et, quand on devient célèbre, on voudrait changer de nom pour exister réellement »
Le bonheur a de ces paradoxes !
C’est vrai qu’à 20 ans, ne sachant ni chanter, ni danser et n’arborant point de filiation à un patronyme célèbre, je rêvais malgré tout de voir, un jour ou l’autre mais pas trop tard quand même, mon nom tagué dans les rues de mon pays et, tant qu’à faire, entouré d’un cœur…
Parce que l’on peut également entendre chanter son nom dans les rues de Paris, au son des quolibets et de vers assassins… Il « suffit » de devenir ministre et de proposer un texte de loi qui resserre l’étau des libertés des uns ou celui des privilèges des autres. Mais il est des célébrités dont on se passe volontiers et je ne suis pas sûr que la politique s’inscrive encore au top 50 des fantasmes de célébrité. Et pour cause ! Qui se souvient, par exemple, du nom du Premier Ministre voilà seulement dix ans ? Quant au Ministre des Anciens Combattants ou encore celui de l’Industrie, n’y pensons même pas. Alors que, avouons qu’il doit être particulièrement compliqué et aléatoire de voir son nom figurer au-devant de la première scène politique. Et quand on y arrive, il faut supporter l’ingratitude des souvenirs… Tant pis si les paroles étaient belles, la musique apparaît, de toute façon, ringarde.
Bien sûr, je me suis quand même essayé à la politique, beaucoup plus tard, mais ce n’était déjà plus pour me faire un nom. Il y avait, je le croyais, un monde à refaire… Aujourd’hui, je sais qu’il n’y a jamais de monde à refaire mais simplement un monde à construire, pierre après pierre, idéal après idéal, en mettant à profit les acquis et les enseignements de nos prédécesseurs, de nos parents, de nos ancêtres.
Les voies de la célébrité sont, fort heureusement, pénétrables mais elles sont surtout multiples et souvent inattendues. A 20 ans, conscient de mes défauts et de mes faiblesses, je me suis mis en quête de ce que j’avais d’à peu près bien… Car Dame Nature nous a tous saupoudrés d’un talent quelconque. Plus ou moins… J’ai aussi appris, quelques siècles plus tard, qu’un excès de talent dans un domaine pouvait laisser suspecter une carence ailleurs. Le secret du bonheur résiderait dans un parfait équilibre. Mais, tant qu’à faire, autant que cet équilibre se fasse au-dessus de la ligne de flottaison de la vie.
« Trop est un manque de quelque chose », nous rappelle un proverbe arabe !
Alors, après un auto-bilan, je me suis découvert deux talents qui avaient la bonne aubaine de trouver écho auprès d’un public, cela dit, très conciliant. Je me suis rendu compte que je savais penser, certes, mais aussi parler et, qu’en plus, je savais retranscrire mes pensées et mes paroles !
Je me mis donc à penser, penser et penser encore… Jusqu’à penser des formes, jusqu’à inventer des objets. C’était dit… Je serai inventeur ! Facile… En plus, je savais parler suffisamment pour convaincre et donc, pour vendre ! Brevet d’invention à l’appui, je devins donc la coqueluche des audacieux de ma région, tant et tant que la presse s’empara de mon cas, et mon nom flamboya à la Une des journaux… Il faut dire que, lorsque l’on a 20 ans, que l’on se retrouve malgré soi numéro un au classement des plus jeunes inventeurs de France et que l’on affiche l’audace de défier l’industrie mondiale, ça attire.
Voici donc du « Demessence » au fronton des gazettes, ma carrière était née et le succès s’annonçait si facile. Oui ! Ce petit appareil à faire le vide dans les bouteilles de vin entamées allait remplir, au fil des années qui allaient suivre, les rayons de tous les magasins, pour le plus grand bonheur… de ces entreprises étrangères qui allaient me contre-faire ! Mais, à défaut de devenir la signature d’une célèbre multinationale, mon nom venait de gagner ses lettres de noblesse dans ma tête. Et ce n’était pas la moindre des choses. J’enterrai donc ces quelques graines de fortune dans ce pot qui me suivrait toute ma vie, dans l’attente, toutefois, de soleils meilleurs. Le Dieu des scribes venait de me rappeler à son bon vouloir, tout à mes rêves de gloire et de célébrité. Soit ! Je deviendrais un écrivain connu, célèbre et riche… Forcément ! Mon confort personnel l’imposait, mon ego s’ébrouant à la vie, l’exigeait !
Mes premiers essais littéraires aboutirent à un ouvrage sur le whisky, dont l’absorption me prodiguait des effets étranges… Le besoin irrésistible d’en explorer les origines, indissociables d’avec les combats pour la liberté, et de le raconter ! Ma première graine de fortune germa ainsi, en me présentant le premier éditeur de ma vie… En quelques semaines, mon nom chapeautait la couverture de mon premier bouquin. J’avais toujours vingt ans et quelques années et j’avançais encore sur un chemin caillouteux, ma machine à écrire « Triumph » en baluchon, comme un colporteur d’espoirs… C’est au détour d’un carrefour de vie que la célébrité me racola d’un clin d’œil… Un avenir de journaliste s’offrait à moi, je ne pouvais résister. Et c’est là que tout a commencé et que j’ai découvert que ni la gloire, ni l’argent ne faisaient le bonheur. J’ai aussi appris une bonne leçon, que j’enseigne aujourd’hui à certains élus lors de formations qu’il m’arrive trop peu de dispenser.
« Le meilleur moyen et le plus serein d’avoir son nom dans la presse, c’est d’écrire et de signer les articles ! »
Bien évidemment, la célébrité, comme l’argent, peut figurer parmi les ingrédients composant la recette du bonheur. Bien sûr, le bonheur peut se passer d’argent et de célébrité mais ces deux épices peuvent changer le goût de la vie. Ils peuvent même compenser certaines carences d’ingrédients. Comme dit l’autre : « Quitte à être malade, la douleur se fera plus confortable au soleil ! »
La célébrité serait comme une planche sur laquelle on se croit libre et suffisamment talentueux pour surfer les vagues du destin. Mais la plage et ses cailloux ne sont jamais loin, mais une vague peut en cacher une autre plus violente.
Il y a vingt ans, j’ai côtoyé beaucoup de personnalités connues. La politique, le show-biz, la culture… formaient déjà une planète étrange où beaucoup de gens venus d’ailleurs s’y tutoyaient, comme pour parler un même langage, comme pour tenter de remplir ces vides et ces angoisses qui les séparaient.
Ce monde n’était pas le mien. Même si ma carte de journaliste, barrée des trois couleurs républicaines, me dispensait de toute forme de talent, de fantaisie ou de fortune pour déambuler sur cette planète virtuelle.
A chacun son monde.
A force de lucidité, je regagnai donc ma soucoupe pensante pour survoler cet univers en constant état d’apesanteur. C’est alors qu’une nouvelle graine de fortune s’ébroua, puis une autre et encore une autre, pour indiquer le chemin de la vie au Petit Poucet qui ne s’était pourtant pas laissé impressionner par toutes ces lumières flamboyantes et vacillantes.
Aujourd’hui, il existe des dizaines de navettes différentes pour atteindre cette planète « célébrité ». C’en est impressionnant. A mon époque de vieux « Schnock », il existait déjà, il est vrai, quelques ascenseurs vers le firmament du vedettariat. Ils s’appelaient « Le jeu de la chance », « Le petit Conservatoire », « L’élection de Miss France », avec quelques radios-crochets en plus…
Mais l’ascension des étages demandait du talent et le but de ces « organisations » était, justement, d’en découvrir ! Pas de servir de faire-valoir pour ses promoteurs… Enfin, j’espère ! Ou bien le faisait-elle plus intelligemment, avec un partage des intérêts.
Un vieux dicton plein de sagesse nous rappelle, quand même, que l’on a, chacun de nous, les politiques que l’on mérite, les journalistes que l’on mérite et les célébrités que l’on mérite ! La sacro-sainte loi de l’offre et de la demande a ses revers. « Demande et tu recevras », a dit celui qui allait devenir le prophète le plus célèbre de notre civilisation. Nous recevrions donc ce que nous demandons, ni plus, ni moins ? Dérangeant ! Surtout à l’échelle d’une société « intelligente »…
Lorsque nous avons lancé cette collection, c’était pour partir en voyage à la découverte de l’authenticité et de la réalisation de soi.
Epanouissement sexuel, sincérité conjugale, quête spirituelle, bien-être professionnel… Les quatre premiers thèmes m’ont quand même rassuré ! Entre quatre yeux, face à face, les témoignages que j’ai recueillis m’ont confirmé que l’authenticité de l’existence faisait encore partie des objectifs de mes contemporains. Ouf ! Seulement, c’est une vertu, comme la plupart des vertus d’ailleurs, que l’on se plait le plus souvent à débusquer chez les autres davantage qu’au plus profond de soi.
L’authenticité est la valeur étalon, la valeur de référence de l’individu. C’est notre cathédrale intérieure dont nos qualités et nos défauts, nos forces et nos faiblesses forment les quatre piliers. C’est s’accepter tel que l’on est, à un moment précis.
Durant ma recherche de personnes célèbres, l’ayant été ou rêvant de le devenir, acceptant de témoigner, j’ai souvent entendu parler « d’image » !
« Je dois faire attention à mon image », « Cette démarche n’est pas conforme à mon image », « D’accord, mais les personnes figurant déjà sur votre liste seraient néfastes à mon image »…
Ne soyez pas déçus parce que je ne donne pas de noms ! Parce que vous seriez encore plus déçus des voix qui les portent ! Et je ne tiens pas à transformer ce voyage au travers des comportements de notre temps en règlement de comptes… Pourtant ! Si vous saviez… Cela me fera toujours penser à cette excellente pub pour les frites « Mc Kain » qui explique, images à l’appui, que : « Ce sont ceux qui en parlent le plus qui en mangent le moins ! »
Il en est de même pour toutes sortes de vertus ou de valeurs revendiquées par nos édiles cathodiques. Il y a un fossé énorme entre ceux qui parlent de générosité, d’humanisme et ceux qui les pratiquent, la plupart du temps sans rien dire à personne et surtout sans en tirer un profit indirect !
Mais bon ! L’on se doit certainement de transformer en vedette ceux qui résonnent le plus en nous. « L’image » est donc devenue la préoccupation de beaucoup de gens célèbres. L’image que l’on donne semble prioritaire sur ce que l’on est réellement et finit par édifier une prison pernicieuse dans laquelle certains s’enferment sans s’en rendre compte. Et, forcément, là où l’on parle d’image, il n’y a plus de place pour l’authenticité.
Et n’oublions pas tous ces importants intermédiaires. Tous ces « Califes à la place du Calife », qui se préoccupent essentiellement de ce que peut leur rapporter directement ou indirectement, la « mise à disposition » de la personnalité dont ils sont censés protéger les intérêts. J’ai fini par comprendre pourquoi la plupart des personnalités célèbres finissent par se replier sur elles-mêmes.
La célébrité est devenue un business « juteux », autour duquel s’activent et paradent plusieurs métiers qui s’en nourrissent. Avec, comme source de revenu, un public qui paye très cher des redevances, des magazines, des places, des abonnements et souffle contre son gré dans la trompette de l’audimat ou autre « médiamétrie », pour faire fluctuer les tarifs des publicités lucratives.
Fort heureusement et comme en toute chose, il y a du bon et du meilleur. Et c’est ce meilleur qui nous intéresse. Ce sont ces personnes qui ont connu, connaissent ou désirent la célébrité et acceptent d’en parler avec sincérité et authenticité, qui ont leur place dans notre voyage aux sources de la psyché.
J’avoue que je pensais réellement que ma recherche de témoins authentiques dans le domaine de la célébrité allait m’être des plus faciles. C’était mon cinquième ouvrage et c’est vrai que de trouver, pour mes précédents voyages, des libertins, des amants et des maîtresses, des voyants et des gens qui les consultent, et des chefs d’entreprises de tout acabit, répartis sur l’ensemble du territoire français, ne m’avait pas posé trop de problèmes. Je n’ai suscité qu’intérêt pour l’aventure et, surtout, qu’envie de témoigner et de participer à ce fabuleux voyage dans les profondeurs de l’individu. Pourtant, bien qu’il n’existe nulle part d’annuaire des libertins ou de fichier de celles et ceux qui commettent ou subissent l’adultère, dès qu’il s’est agi d’apporter un témoignage à l’aventure humaine, je n’ai rencontré partout qu’acceptation et générosité, disponibilité et temps consacré !
Belle leçon ! Si j’avais été fâché, cette aventure éditoriale m’aurait réconcilié avec l’espèce humaine dont je fais partie. Mais je ne suis pas fâché ! L’expérience est mère de sagesse et il y a longtemps déjà que j’ai appris que je devais me disposer à prendre mes concitoyens comme ils sont. Ainsi, je ne peux donc qu’être agréablement surpris devant des comportements généreux ou positifs. Je suis devenu une sorte d’imbécile heureux qui ne veut voir que ce qu’il y a de bon et de meilleur chez autrui ! Tans pis pour les autres, il leur reste à grandir… Et, bien entendu, je me suis construit un monde qui me correspond et dont le dénominateur commun doit être la recherche permanente du bonheur, loin des strass et des paillettes, du superficiel et de l’artificiel !
C’est certainement pourquoi j’ai sauté à pieds joints sur ce sujet de la célébrité. Qu’est-ce qui peut pousser des gamins à s’inscrire dans tous ces concours pour la célébrité ? Qu’est-ce qui motive leurs aînés à vouloir hisser leurs noms en haut des affiches et autres génériques, ou à rêver devant celles et ceux qui s’y trouvent ? Que se cache-t-il derrière la gloire, l’argent, le pouvoir qui vernissent le mot « célébrité » ?
Bien sûr, j’avais déjà mes idées, pour ne pas dire mes a priori, comme toujours. Mais, justement, je les laisse à chaque fois de côté, ne revêtant que mes plus beaux atours d’impartialité et d’objectivité pour mieux comprendre mes contemporains. C’est le seul moyen d‘apprendre à les aimer ! A condition de vouloir le faire…
Il me fallait donc, comme je le fais pour chaque thème, rencontrer celles et ceux qui vivent la célébrité, l’ont vécue ou s’apprêtent à la vivre. J’employai ma méthode éprouvée en établissant différents profils de personnalités et il ne restait plus qu’à trouver les personnes correspondantes. D’habitude, le vieux principe du « bouche à oreilles » faisait merveille et, en quelques mois, je collectais tous mes témoignages. Même le milieu des chefs d’entreprises, tellement décrié, a su consacrer du temps pour la postérité et l’authenticité ! Un milieu où le temps, pourtant, serait de l’argent et où l’affectif et la générosité n’auraient pas de place !!! Un comble !
C’est devant ces appels à la vie, à l’humanisme, à la fraternité, à l’amour universel, à la générosité que j’entrai dans la grotte aux loups… Et si ces belles valeurs hurlées aux vents des supports médiatiques, n’étaient finalement que des appâts pour des prédateurs affamés ?
Rechercher une personnalité célèbre ? Rien de plus simple ! Il suffit de feuilleter n’importe quel programme télé, d’ouvrir celui des magazines « people » ou des « news » qui vous tombe sous la main, d’allumer votre télé un soir ou un autre, de parcourir les affiches de ciné et ce sont des milliers de noms qui s’affichent… c’est incroyable comme le monde est peuplé de gens célèbres, à se demander s’il existe encore des êtres anonymes et heureux de l’être !
Le monde moderne a besoin de gens célèbres comme l’enfant a besoin de contes de fées pour mieux dormir. Le rêve serait le meilleur des régulateurs de « bon » « heur », avec ses concurrents médicinaux que sont « Temesta » et « Prozac » !
Me voici donc avec mes annuaires de la célébrité et mes profils pré-établis… Fort heureusement, je recelais dans mes connaissances, quelques personnages dont l’authenticité avait jeté les fondements de notre amitié ou, pour le moins, de notre respect mutuel. C’est, bien entendu, avec eux que j’ai entamé ce voyage. Je l’ai ensuite poursuivi, difficilement, grâce aux exceptionnelles personnalités qui ont su m’ouvrir leur cœur et me consacrer de leur précieux temps… Leur authenticité et leur générosité spontanée ont été leurs seules motivations pour apporter, sans contrepartie, sans promotion en cours, leur indispensable témoignage. La célébrité ne fait pas le bonheur, on s’en doutait. La célébrité ne fait pas l’authenticité, on l’a compris. La célébrité ne fait pas l’humaniste… on aurait pu le deviner !
Faire correspondre un thème comme celui de la célébrité, avec de l’authenticité, de la générosité et de la disponibilité s’est révélé un défi… Et le défi a été relevé, grâce à celles et à ceux dont les témoignages suivent et n’usurpent en rien le succès qu’ils rencontrent ou s’apprêtent, je leur souhaite, à rencontrer. Sans oublier l’immense majorité de personnalités que je n’ai, bien entendu, pas contactées, leur profil correspondant déjà à l’un de ceux recueillis et qui, je ne veux pas en douter, auraient accepté de participer dans la mesure de leur possible… Sans oublier, non plus, celles et ceux qui m’ont témoigné sympathie et politesse, par leurs réponses encourageantes. Mais malheureusement, nos emplois du temps ne correspondaient pas… Ils sont sur ma liste des gens « bien ». C’est une liste précieuse et… quand même bien remplie !
« Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front…
Tu seras un Homme, mon fils. »
Rudyard Kipling
J’ai le bonheur absolu de n’avoir rassemblé dans ce recueil de témoignages, que des humains authentiques. Ce qui ne veut pas dire que toutes les personnalités authentiques sont dans ce livre. Non ! Je ne pouvais pas, non plus, réaliser un annuaire, une sorte de guide Michelin des gens biens. D’abord, parce que ce n’est pas le but, ensuite parce que je n’en aurais ni la légitimité ni les critères, et puis, parce que j’ai trop foi en l’être humain, en sa perfectibilité et en son évolution positive.
Mais, surtout, il m’est arrivé de ces surprises dont j’ai encore du mal à me remettre. De celles qui vous font croire et persévérer dans votre confiance en un monde meilleur qui se dissimule derrière les buissons épineux d’une jungle inhospitalière. De celles qui vous font croire aux Fées et aux Enchanteurs… Et, tant pis pour celles et ceux qui ne savent pas les reconnaître.
Mais pour voir les Fées, encore faut-il savoir qui elles sont et de quoi elles sont capables… Une Fée est un être magique parce que c’est un être qui surgit par surprise, sans s’annoncer. Magique parce qu’elle détient une force que vous avez du mal à expliquer, à comprendre. Magique parce qu’elle vous enveloppe d’un bien-fait et d’un bien-être que vous ne savez pas comment rembourser. Magique parce qu’elle est capable de disparaître aussi vite qu’elle est apparue, sans rien attendre, sans rien demander. Et vous, vous vous retrouvez là, comme ça, soudainement seul, étrangement perdu… Un peu comme Lancelot sorti du Lac après avoir été élevé par Viviane… Voilà ! C’est ça… Une Fée vous élève, vous élève au-dessus de la dureté des éléments, comme pour vous ouvrir une fenêtre vers un ailleurs, vers une autre réalité, vers la réalité…
D’ailleurs, pourquoi crois-je aux Fées ? Quelle raison me pousse à vous en parler, au risque de passer pour un doux frappadingue ?
Parce que, comme d’autres, les Fées se sont penchées, non pas sur mon berceau, mais sur mes souliers, à chacun presque, de mes pas… Jeune journaliste, alors que j’interviewais, ébahi, Jean-Claude Brialy, il me parla de Fées… Il y a peu, Franck Provost m’a évoqué timidement ces femmes qui lui avaient éclairé son chemin…
Je m’en vais vous raconter ma dernière rencontre avec une Fée.
Brigitte Lahaie anime chaque jour, pour le bonheur de ses auditeurs, sa célèbre émission sur RMC. Je l’ai rencontrée pour la première fois, parce que mon épouse Béatrice lui avait demandé de parler, nous en avions besoin, de notre premier livre. Ce qu’elle a fait… Sans fioriture, avec nature.
Lorsque mon deuxième livre est sorti, Béatrice l’a également sollicitée… Elle m’a aussitôt invité à partager son émission, pendant tout un après-midi… Sans fioriture, avec nature…
Brigitte Lahaie apparaît, disparaît… Y aura-t-il un après ? Vous aimeriez l’alpaguer, lui dire merci, trouver une explication à tout ça…
J’ai appelé Madame Lahaie, pour lui faire savoir que j’étais là, maintenant, que si elle avait besoin de quelque chose… Brigitte Lahaie a rappelé, elle-même… « Allô ? Bonjour, c’est Brigitte Lahaie… Excusez-moi vraiment de n’avoir pas pu vous rappeler plus vite ! » Plus rien ne m’impressionne, en tout cas plus personne… C’est ce que je croyais ! J’avais oublié les Fées, leur façon d’apparaître et de disparaître, leur magie… leur générosité pure et simple… Légère comme un souffle dans la cime des arbres, tout là-haut. A peine le temps de plisser les yeux.
Il me fallait Brigitte dans ce livre… Elle avait tant de choses à dire, je le sentais. Célèbre, elle l’était. La célébrité lui avait aussi joué des tours. Brigitte avait accueilli la célébrité comme un bouquet de roses rouges que le destin lui offrait. Mais Brigitte en avait oublié les épines. Aïe ! Les doigts, le cœur, l’âme… De chaque piqûre a perlé une larme de vie. Brigitte n’est pas du genre à se noyer dans un chagrin, fût-il des larmes de sa vie. Dans son chagrin, elle a trempé sa plume pour s’écrire, elle-même, une suite à son histoire. Il était une fois…
Bien entendu, je m’étais précipité dans une librairie pour lire un de ces livres auto biographiques. Je m’étais d’abord dirigé vers le rayon à la mode, dédié aux Fées… Suis-je bête ? Zut ! Je ne savais pas que les Fées aussi, ça souffrait ! Je le dis avec sincérité, je n’ai jamais vu un seul film X de Brigitte Lahaie. Pas par pudibonderie, mais simplement qu’à sa grande et courte époque de gloire dans ce genre, je devais avoir d’autres préoccupations. Quant à aujourd’hui, j’en serais purement incapable, par pudeur, moi qui n’en ai pas. Mais l’intimité des Fées ne me regarde pas et puis, Brigitte, c’est tellement autre chose…
Madame Lahaie a donc beaucoup « vécu », beaucoup connu… Elle joue, elle écrit, elle chante, elle récite, elle anime, elle console, elle rassure… Elle fait aussi beaucoup d’équitation, elle soigne elle-même sa demi-douzaine de chevaux, se consacre à quelques mouvements de société et… Reste disponible ! Quelle leçon pour tant d’autres…
Son authenticité, sa célébrité, sa générosité devaient laisser une empreinte dans mon ouvrage… Brigitte Lahaie devait témoigner dans mon livre. Mais je lui avais déjà tellement demandé. Mais elle m’avait déjà tellement accordé. A combien de souhaits avais-je droit ?
J’appelai donc Brigitte qui me fixa aussitôt un rendez-vous, chez elle, en grande banlieue parisienne, chez ses trois chiens, ses chats et ses chevaux. Il y avait même un mari, paraît-il, qui devait sans doute l’attendre au fond du Lac.
Ses deux énormes dogues allemands m’ont accueilli avec verve, visiblement amusés que moi, je ne parle pas le « chien »… Ils m’ont donc parlé en signes et n’ont pas économisé leurs allers et venues entre la porte d’entrée et l’écurie, jappant joyeusement vers le palefrenier qui balayait l’écurie… Je me sentais quelque peu complexé de ne pas parler le « chien », devant leur air compatissant. Promis ! Je prendrai des cours… Après tout, ce ne doit pas être plus difficile que d’apprendre le « chat » ! Les minutes délestaient le temps petit à petit et je ne voyais toujours personne venir, malgré mes « toctoc » à la porte. Jusqu’à ce que je me décide à interpeller ce brave palefrenier qui, m’entendant approcher, se retourna… Je ne sais pas lequel de nous deux a été le plus surpris, de Brigitte ou de moi. Elle, de n’avoir pas vu la matinée passer à nettoyer son écurie, et moi, de me trouver face à un palefrenier déguisé en la célèbre Brigitte Lahaie… A moins que ce ne soit l’inverse ! Les Fées aussi, ont leurs tâches ménagères. Il ne faut pas croire qu’elles usent leur pouvoir pour faire la vaisselle !
Quelques minutes après, nous nous sommes retrouvés assis sur le grand canapé du salon, l’un des dogues se vautrant entre nous deux… Je le sentais bien inquiet de mes lacunes en langues étrangères, et il allait bien falloir un traducteur, si je ne comprenais rien, en plus, au langage des Fées… J’avais pris l’habitude de tutoyer systématiquement mes témoins, persuadé que le contact serait plus aisé. Je tutoyai donc Brigitte, le temps de l’interview… J’ai le tutoiement facile mais je me suis mis à revouvoyer Madame Lahaie dès la fin de l’interview.
Brigitte Lahaie est une Fée très occupée. Elle nous a accordé une part de son temps, par générosité… Et des parts de temps comme celle-là, j’en reprendrai autant que le destin m’en présentera.
Il est des parts d’éternité qui ne se refusent pas...

Les temps sont à la nostalgie… Tout aurait été mieux hier qu’aujourd’hui. Les acteurs, les chanteurs, les comiques, le contenu de nos assiettes, les séries télés, les vacances, le boulot, les amours, ceux qui parlent de tout ça et nous… Nous-mêmes, soi-même, him-self, c’est celui qui dit qu’y est, comme disent les gosses à la récré.
Selon la sacro-sainte règle de l’offre et de la demande, si ce que l’on nous propose aujourd’hui est moins bon que ce que l’on nous offrait hier, c’est peut-être aussi que l’on nous sert ce qu’une majorité d’entre nous aime à consommer.
Pour autant, tout était-il mieux hier ? Tout était-il plus facile ? C’est un long débat… A entendre les anciens, ce n’était pas plus facile de percer, il y a trente ans, qu’aujourd’hui. Pour abonder dans ce sens, c’est vrai que la multiplication des chaînes de télévision et des supports radiophoniques laisse autant d’opportunités supplémentaires aux candidats à la célébrité. A contrario, on peut aussi penser que cette foultitude de possibilités multiplie d’autant les vocations et que, par ailleurs, la participation à une émission ou une autre, passe bien plus inaperçue aujourd’hui qu’il y a un quart de siècle, à l’époque glorieuse des deux chaînes d’Etat…
Bref ! Les avis sont partagés… N’empêche qu’aujourd’hui comme hier, rien ne sert de prendre le départ, il faut arriver à point. En clair, il faut durer et il ne suffit pas de se contenter d’une fulgurante apparition. Et, pour durer, il faudrait un minimum de talent, de métier et de passion.
Alain, lui, réunit ces trois atouts !
Alain, lui, réunit en plus, quelques autres grandes qualités comme l’authenticité, la gentillesse, la simplicité, la disponibilité… Et, j’arrête là sinon, ça va ressembler à une demande en mariage !
On peut dire qu’il a tout fait pour évoluer dans ce métier : théâtre, court-métrage, long-métrage, émission de divertissement à la télé, et surtout, il connaît actuellement ses heures de gloire grâce à l’émission culte de M6, « Caméra Café », dans laquelle il interprète le personnage de Philippe, reconnaissable à sa mythique houppette, façon Tintin sans Milou… Au moment de la parution de ce livre, il partage l’affiche du film adapté de la série : « Espace détente ».
Autant dire qu’Alain n’a pas chômé depuis ses débuts dans cet art si difficile de la comédie. Comme quoi, le talent aide beaucoup et, comme Alain en déborde… C’est vrai qu’il est capable de jouer les personnages les plus divers, surtout ceux qui ne lui ressemblent pas dans la vie. Les écrans de cinéma ont été tellement envahis par ces soi-disant grands acteurs qui, vraisemblablement, savaient difficilement jouer d’autres personnages que le leur.
C’est pour cela, peut-être pour exprimer un talent encore émergent qu’Alain rêve de jouer les tyrans, les violents, les monstres, tant de telles caricatures de la misère humaine s’inscrivent à l’opposé de ce qu’il est réellement.
La preuve, c’est que, lorsque je l’ai rencontré pour recueillir son témoignage, j’ai découvert un individu à part entière, loin du « Philippe » de « Caméra Café » ou du farceur de « Surprise sur prise »… Philippe interprèterait donc véritablement des rôles de composition. Et il sait le faire, avec talent. Philippe, manifestement, est un artiste complet, capable d’exprimer son talent aujourd’hui comme il aurait pu le faire voici trente ans.
C’est évident qu’à Alain, un rôle est réservé dans l’agenda de l’éternité… Et il est, de toute façon, meilleur aujourd’hui qu’hier et moins bon aujourd’hui que demain.
Alain m’a été recommandé par Shéraz, pour toutes les qualités et tout le talent que je viens d’essayer de vous décrire… Il est de ceux qui rappellent quand on les appelle, il est de ceux qui répondent à vos demandes comme de grands professionnels. Et ça, aucune époque ne s’y est trompée… Si on ajoute à cela l’intuition féminine de notre amie Shéraz !

   
Les témoins
 

Brigitte Lahaie - Alain Bouzigues

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