J’étais pourtant inquiet ! C’était
juste avant d’entreprendre ce voyage fantastique au
pays de tous les dangers.
Vous rendez-vous compte ?
Rencontrer des chefs d’entreprises, des artisans, des
commerçants, des libéraux… Bref ! Des
gens à leur compte, pour les faire parler d’eux,
de leurs états d’âmes, de leur mental,
de leurs espérances et de leurs désarrois… En
2005 ! En plein 21ème siècle, celui-là même
dont Malraux, péremptoire, nous prédisait que
: « Il sera spirituel ou il ne sera pas » !
Il n’a pas dit « économique ou pas »…
D’ailleurs, j’ai eu beau chercher… Même
sur Internet, je n’ai pas vu l’ombre d’une
prophétie à l’égard de notre avenir économique.
Depuis que Jésus a viré les marchands du temple,
plus aucun prophète des temps modernes ne s’est
risqué à défendre la cause mercantile.
Autant dire qu’en pleine mondialisation, européanisation
et autre extrapolation, en plein débat sur les réductions
du temps de travail, confronté aux rumeurs de démotivation
des troupes salariales, menacé par le fléau
de la récession, le monde économique ne me
semblait pas pavé des meilleures intentions.
C’est que, chef d’entreprise moi-même depuis… que
j’ai appris à mettre un sou devant l’autre,
je déambule souvent parmi mes consoeurs et mes confrères.
Et, ma foi, c’est que, comme me disait l’un d’eux
: « si du côté du cœur, là où est
le portefeuille, ça ne va pas encore trop mal, c’est
plutôt à l’étage du-dessus que ça
cafouille, parce que j’ai le moral en solde et le stock énergétique
en flux tendu ! »
Bigre !
Et si je me faisais sponsoriser par « Temesta » ou « Prozac » ?
Si je ne connaissais pas mes chefs d’entreprises, j’aurais
peut-être choisi un autre moment pour pratiquer l’autopsie
de leur mental… Mais voilà ! On est chef d’entreprise
ou on ne l’est pas, on a la foi ou bien on change de
métier. Pour paraphraser l’un de nos anciens
ministres de l’Intérieur à propos de
ses confrères : « Quand on est chef d’entreprise,
on affronte ou on démissionne ! »
Alors, j’ai voulu affronter le reflux de moral, persuadé que
la marée était au plus bas et là… C’est
une vague, un raz-de-marée de fraîcheur qui
m’a ramené sur terre, des embruns de bonheur
collés au cœur ! On se croirait dans une pub
pour « Hollywood chewing-gum »…
Hhhaaaaa !
Si j’entends alors les trompettes sonner, ce ne sont
pas celles de l’Apocalypse mais plutôt celles
de la cavalerie… On croyait la diligence de l’entrepreneur
enlisée dans le sable des tourments, voilà la
horde économique sonnant la charge de l’espoir
!
Il est rare de commencer un ouvrage par la conclusion… N’en
profitez-pas pour vous faire rembourser les deux cents et
quelques pages restantes ! Mais ça m’est trop
pénible de retenir jusqu’à la fin mon
enthousiasme… Je sais, c’est un peu comme si
je vous montrais les photos de votre voyage aux Caraïbes
avant votre départ !
Mais rassurez-vous… Vous pourrez vous repasser le film à l’envers.
Parcourir cette vingtaine d’histoires qui réconcilient
l’individu avec son histoire, avec sa légende.
Il n’est de progrès sans entreprise. Il n’est
d’entreprise sans hommes et aujourd’hui plus
que jamais, sans femmes. Sans femme chef d’entreprise
mais aussi sans épouse, sans compagne.
Et je parle bien d’entreprise ! Il n’est pas
question, ici, d’évoquer l’épopée
de ces mondes désincarnés que constituent les
multinationales et autres multi-anonymes, dont le langage
universel confond les mots entrepreneurs et « entr’eux
preneurs » ! Entre eux preneurs de sens, preneurs d’énergie,
preneurs d’humanités, preneurs entre preneurs… Une
entreprise sans entrepreneurs préfère le beurre
au labeur, croquer la pomme sans nourrir l’Homme.
Nous ne côtoierons jamais cette espèce au travers
de ces pages. Je n’ai rencontré que des entrepreneurs,
des vrais, de ceux qui signent les chèques, de ceux
qui créent, qui perpétuent… Des capitaines
au long cours, au court cours, des acteurs de basse-cour
jamais à court qui courent chaque jour après
un nouveau soleil, après de nouveaux horizons, debout à la
hune de leur navire, le leur, affrontant tempêtes et
jours de fête d’une même tête… Embarquant
compagnes et compagnons à bord, à raison ou à tort,
pour du plomb ou pour de l’or, mais grandissant toujours
plus fort.
Que le bateau coule et ils écopent.
Mais que le bateau en vienne à voguer, et c’est
au pays tout entier de se régaler.
Ainsi va l’entrepreneur, toujours plus loin, toujours
plus haut, de l’aube au crépuscule, de coups
de barre en coups de barre, de routes tracées en aventures…
Oui !
Oui, il est toujours temps de créer son entreprise
!
Oui, ce serait à refaire, ils le referaient !
Oui, l’aventure mérite d’être vécue
!
Oui, ça fait parfois mal au ventre, à l’âme, à la
famille, mais la liberté de devenir et de donner est à ce
prix !
Oui, c’est la foi et la persévérance
qui font l’entrepreneur !
Non !
Non, personne ne m’a payé, moi l’auteur,
pour dire tout ça !
Voilà cette vague de fraîcheur dont je voulais
vous faire profiter. Ça n’enlève rien
aux découvertes que les prochaines pages vous réservent.
Etes-vous déjà monté sur le pont d’un
navire ? Rien que sur le ponton, déjà, on sent
l’air du large qui vous prend, qui jette aux pieds
de vos rêves et de vos espoirs comme des échantillons
de terres lointaines, de contrées surprenantes, d’histoires
incroyables…
Et cet air revigorant réveille en vous l’Etre,
l’Authentique, le Voyageur, le Pionnier… l’Entrepreneur
!
Bien évidemment que l’aventure de l’entreprise
n’est pas de tout repos. Elle est aussi ponctuée
de moments difficiles, d’instants lourds… Mais
que viennent supplanter les jours de liesse, les combats
gagnés, les entêtements récompensés.
Un bilan positif, une marge généreuse, une
confiance bien placée, un produit qui séduit,
un marché qui s’agite et les heures sombres
sombrent, englouties dans les pertes et profits du Temps.
C’est ça, être chef d’entreprise
! Un étrange assemblage de rationalité et d’irrationnel,
de données tangibles et de ressentis « pifométriques »,
de consensus et d’autocratie, de doutes et de certitudes,
de raison et de passion, de folie et de conscience, de profondeur
et d’éther, de simplicité et de génie,
entre bête et titan…
Le chef d’entreprise serait-il, ou elle, depuis toujours
un être mythologique ? Une sorte d’extraterrestre égaré sur
un parc d’attraction ? Une sorte de félin, de
chat sur lequel s’acharnent toutes les fantaisies,
toutes les fables, toutes les superstitions, toutes les suppositions
?
Comme le chat, le chef d’entreprise est soupçonné d’avoir
plusieurs vies. En tout cas, on lui en connaît au moins
trois : celle de l’entreprise, celle de sa famille
et la sienne à lui. Parfois, et j’en connais,
certains d’entre eux cumulent en plus une vie associative,
consulaire quand ce n’est pas politique… Des
fois que l’une d’elles se lasse ! C’est
que l’entrepreneur se doit de tout prévoir… « Gérer,
c’est prévoir ! », se plaît-il à psalmodier,
son chapelet d’emmerdes prévisionnelles s’égrainant
entre ses oreilles.
Mais bon sang de bois !
Quelle idée farfelue d’avoir voulu écrire
un livre complet sur les chefs d’entreprises ? Comme
si ça allait intéresser quelqu’un ! D’habitude,
pour assurer son succès, il faut parler de sujets
populaires, de gens populaires, de personnages télégéniques… Que
sais-je ? Sortir de prison, s’évader d’une
secte, frauder les impôts, engranger des millions à taper
dans un ballon, s’imposer serial killer, avoir eu des
attouchements, les avoir subis, avoir été orphelin,
en avoir engendrés, montrer ses fesses…
Voilà des thèmes récurrents, gages de
succès !
Mais parler des entrepreneurs… Bon, d’accord
! Certains sortent aussi de prison, s’évadent
avec une maîtresse, fraudent un peu pour survivre,
dérangent deux ou trois sous, culpabilisent d’être
des « serial employer », se retrouvent sur la
touche, orphelins de toute assistance sociale, se bougent
les fesses… Mais dans ce cas, ils perdent forcément
leur statut d’entrepreneur, au profit de celui de héros
d’une société en mal de repères
et de valeurs.
Reste à revenir à la réalité du
chef d’entreprise ! A celle de l’entrepreneur
banal, de l’aventurier extraordinaire, de l’individu
forcément exceptionnel puisqu’en marge de la
masse racoleuse.
Et c’est de cette transmutation de l’entrepreneur
banal en homme ou en femme d’exception, de ce lien étroit
entre le modèle économique et le visage humain,
que naît ce livre inédit dans la façon
de traiter l’entrepreneur comme il le mérite.
Au-delà des prouesses comptables, par-delà les
chiffres et les résultats, à travers les vitrines
et les enseignes néons, au-dessus du vacarme des machines,
derrière la façade de l’homme ou de la
femme de décisions, nous allons rendre visite et nous
intéresser à la matière première… Celle
pour laquelle aucun fourneau, aucun ordinateur, aucune main,
aucun outil ne serait utile. Cette matière première,
c’est le contenu humain, c’est à dire
l’homme, la femme, le père, la mère,
le fils, la fille, le compagnon, la compagne, l’ami,
l’amie, le solitaire, le solide, le souffrant, l’entier,
le handicapé, le jeune, l’ancien…
Et oui, les entrepreneurs sont des êtres humains !
Ni plus, ni moins !
25 années déjà !
Un quart de siècle à côtoyer les entrepreneurs…
Une génération ! J’avais 20 ans… J’avais
tout le temps… Pendant longtemps, je me suis demandé ce
que j’avais bien pu rechercher au travers de mon parcours
professionnel, parcouru le plus souvent en indépendant,
tantôt commerçant, tantôt libéral,
tantôt gérant et même, pendant quelques
années… Pdg !
Cette réponse, je l’ai pourtant entendue, à chaque
fois, de la bouche de ma vingtaine d’interlocuteurs.
A chaque fois, j’ai souri… Moi qui me croyais
unique !
«
La liberté » !
«
Etre libre » !
Oui, mais de quoi ?
De construire, de réussir, d’échouer,
d’agir, de décider, d’engager, d’arrêter,
de confier, de se passionner, de déraisonner, d’espérer,
de vaincre, de se convaincre…
De vivre ! D’exister !
De gagner de l’argent ? D’avoir du pouvoir ?
Oui, pourquoi pas… Si ça devient des outils
supplémentaires, si ça donne la note de référence…
Comme tout le monde ou presque, j’ai vraiment rencontré le
monde de l’entreprise le jour où j’ai
croisé mon premier employeur. Sans a priori ! Il fallait
travailler… Puisqu’il faut de l’argent
pour vivre et que le travail reste la meilleure et la plus
sûre des solutions pour en avoir, si vous préférez
le soleil à l’ombre.
Et puis, les mois défilant, je me suis mis à observer, à explorer
le monde de l’entreprise. A toucher mon employeur du
bout des rêves… Tient ! Il existe… Il est
fait de chair et de sang, comme moi. Mais c’est lui
qui commande, qui ordonne, qui décide si l’idée
est bonne ou pas, si elle mérite d’être
suivie ou pas. Il est libre d’agir, de penser, d’organiser… enfin,
c’est ce que je crois, c’est ce que je vois.
Pourtant, il a deux jambes, deux bras, une tête… Rien
de plus ! C’est vrai, il a de la volonté dans
le regard, il paraît sûr de lui et puis…
Il sait !
Il sait ce qu’il faut faire pour faire tourner son
affaire. Et cette affaire est à lui, et sa liberté est à lui
! Tous ceux que je rencontrerai ensuite finiront par me modeler
une sorte de recette simple. Il faut avoir quelque chose à vendre,
un endroit pour ça et, si possible, être au
moins aussi bon que les autres pour le faire. Pour le reste,
ce n’est que question d’organisation… Mais
surtout, il y a une chose qui me retenait. Et qui, je pense,
retient beaucoup trop de monde. C’est l’audace,
l’envie suprême, le coup de folie… Tout
ce qui va transformer les difficultés en faisabilités,
les objections en bonnes raisons, les excuses en prétextes,
les freins en moteurs.
On était dans le début des années 80… « Pour
se lancer, ce n’était pas le moment, ce n’était
plus le moment !»… Tous ceux qui s’étaient
toujours retenus étaient formels là-dessus
! Et ils savaient de quoi ils parlaient… Sinon, il
y a longtemps qu’ils l’auraient sauté,
le grand pas. Durant 30 ans, j’entendrai toujours ces
mêmes paroles. Choc pétrolier, guerre du Golfe,
dollar qui joue au yoyo, menace de récession, charges
sociales trop pesantes, marché saturé, salariés
démotivés, diplômes exigés… Et
durant 30 années, je verrai des empires se construire,
des métiers émerger, des marchés s’ouvrir,
des récessions céder, des formations s’accélérer,
des libertés s’inventer.
A 20 ans, je suis donc parti savoir. Savoir pourquoi et comment
on peut oser. J’ai changé maintes fois de métiers,
de patrons… Mais à chaque fois, les recettes
se ressemblaient. Un produit, le vendre, en tirer du gain
et pour le reste… C’était une question
d’organisation, de logistique, de bonne idée.
Plus tard, j’apprendrai que cela s’appelle de
la gestion. Pour l’heure, il me fallait oser. Oser
assumer mon refus d’exécuter, d’obéir,
de choisir. Bien des années après, lors d’une
incursion dans le statut de salarié, un président
pour lequel j’avais accepté de laisser ma liberté en
gérance, m’a brutalement rappelé la réalité : « Thierry,
si vous ne voulez pas subir les ordres, vous n’avez
qu’à vous arranger pour les donner ! » Quelques
mois plus tard, je donnai ma démission. On ne se refait
pas. C’était un grand chef d’entreprise,
un maître en la matière que je respecte beaucoup.
Il s’appelle Jean-Paul Chaudron et nous le retrouverons
dans les témoignages.
A 20 ans et quelques mois, il me manquait donc le bon prétexte
pour prétendre à la liberté… Une
idée géniale m’est venue et j’en
ai déposé le brevet d’invention. J’avais
le produit, il allait être long à vendre. On
est en France et l’innovation est une maîtresse
onéreuse et capricieuse. Des chefs d’entreprises
m’ont beaucoup aidé. Quand on a vingt ans, c’est
décidément le moment pour oser, pour séduire,
parce que les autres se rappellent qu’ils ont eu 20
ans ! Ils m’ont appris à vendre, ils m’ont
appris à avoir confiance. J’avais un produit,
un savoir-faire de vendeur, il me restait à organiser.
A me jeter à l’eau… Mon invention attendrait.
Elle était gourmande. Elle m’avait réclamé ma
voiture, mes meubles, mon maigre compte en banque, mon temps… Je
devais gagner de l’argent, mettre à profit mon
savoir, oser. C’était le début des ventes
de véhicules de particuliers sur des parkings de grande
surface. Un peu de bluff, une audace qui me précédait,
une soif de vivre libre… Et me voilà à la
tête de ma première entreprise. D’autres
suivront… En associé, en gérant, en indépendant.
Même mes années de journalistes l’ont été en
indépendant. Normal ! J’aimais l’entreprise,
j’aimais les chefs d’entreprises, je savais raconter,
je savais faire parler… Le journalisme économique
m’allait. J’en voyais, déjà, des
aventures d’entreprise ! A travers la France, à travers
l’Europe… Et partout la même passion, le
même enthousiasme, la même foi en soi qui fait
que le chef d’entreprise le plus timide, le plus réservé,
se transforme en moulin à paroles dès qu’il
s’agit de parler de son entreprise.
Je comprends que certaines compagnes, ou compagnons, redoutent
l’entreprise bien plus qu’une maîtresse
ou qu’un amant. C’est que l’entreprise,
elle, ne passe pas avec l’âge… Elle n’assouvit
jamais son individu, elle le transporte toujours plus loin,
plus haut, plus fort !
Alors j’ai raconté l’aventure de l’entreprise… des
entreprises. Je suis entré dans le clan, dans la horde.
S’ils savaient, ces chefs d’entreprises, comme
ils sont unis au travers de leurs entreprises. Aucun syndicat,
aucune union professionnelle, aucune formation ne pourra
jamais les unir dans leur destin comme le simple fait d’être
entrepreneur.
Il m’arrive souvent, maintenant que j’interviens
auprès de porteurs de projets, de futurs créateurs,
de m’entendre radoter, déjà : « Tu
verras… Mets-toi à ton compte et tu verras !
Tu feras partie d’un autre monde, tu seras chef d’entreprise
et les autres chefs d’entreprises te reconnaîtront,
t’estimeront, t’intègreront. Leur regard
changera à ton égard et ils t’aideront
! »
Et c’est vrai ! Et c’est authentique ! Le monde
de l’entreprise est un monde d’argent où l’argent
fait loi, où les chiffres sanctionnent, où les
comptes balafrent parfois. Et pourtant, et je le dis sans
flagornerie, je n’ai jamais connu de monde plus généreux
!
Créez votre entreprise et les premières aides
viendront de vos confrères… « Bonjour
! Je viens de m’installer, pourriez-vous me faire travailler
? Pourriez-vous me régler ma facture en avance ? Pourriez-vous
attendre trois mois avant d’encaisser mon chèque
? Pourriez-vous me faire confiance ? Pourriez-vous me donner
un conseil ?… »
Et à chaque fois, la réponse est positive !
Le statut d’entrepreneur est sacré… Il
donne des ailes et fait souvent lever les yeux vers le ciel… Comme
si le ciel y était pour quelque chose, comme s’il
pouvait quelque chose… Bien sûr que le ciel y
est pour quelque chose.
Vous entendrez souvent les mots « chance », « foi », « croyance », « sentir »,
qui reviennent et résonnent comme autant de sillons
dans l’histoire des vingt entrepreneurs qui vont suivre.
Comme autant de références à l’irrationnel, à l’émotion, à l’affectif,
dans ce monde que l’on accuse trop souvent et trop
maladroitement d’être rigide, rationnel, gestionnaire.
Pourtant, si le monde profane savait… S’il osait,
s’il comprenait. Il n’y aurait que des entrepreneurs
! Exit les salaires, vive les factures d’honoraires,
de prestations de service !
«
Demande et tu recevras », a dit le Seigneur… Y’a
pas ! Jésus lui-même devait déjà être
chef d’entreprise. On le savait bien indépendant
! Comme il avait raison. Oh ! Ne croyez pas que je veuille à tout
prix donner une vision idyllique et naïve de la vie
d’entreprise ! Non !… Elle a aussi ses combats,
ses coups tordus, ses pièges. Mais, ma foi, on les
apprend vite. L’entreprise a ses règles. Je
dirais même que c’est l’organisation humaine
qui en a le plus grand nombre. Qui en supporte le plus. Il
faut avoir navigué dans d’autres univers pour
s’en rendre compte !
C’est ce que j’ai fait !
«
Le journalisme mène à tout à condition
d’en sortir ! » L’adage a voyagé… Il
m’a conduit à travers toutes les formes de l’entreprise
et, grâce à lui, j’ai côtoyé le
monde du show-business, du star système, de ses strass
et de ses paillettes, de sa superficialité et de son
cynisme. Il m’a appris à connaître les
gens, à les aimer, à en attendre les plus grandes
déceptions pour n’en tirer que bonnes surprises
et bonne humeur.
Mais à force de regarder les autres, de les voir naviguer
sur leurs passions, embarquer pour des voyages forcément
extraordinaires, en revenir si riches de savoir et d’expériences
et surtout, de leur envier la plus importante de leur fortune
qu’est la liberté… je me suis, une fois
encore, une fois plus fort, jeté du quai ! Un navire
larguait les amarres, c’était un magazine qui
levait les voiles vers l’aventure. Adieu veaux, vaches,
cochons qui m’assuraient une subsistance régulière.
Comme le journalisme, l’entreprise mène à tout,
mais il n’est pas besoin d’en sortir. Juste besoin
d’affronter quelques éléments, quelques
tempêtes, quelques récifs, quelques pirates,
quelques sirènes aussi et les vents et les courants
vous poussent vers votre liberté.
La mienne est aussi passée vers l’engagement
associatif, puis politique. On veut se refaire un monde de
liberté ou on ne veut pas. Et puis, il n’est
de liberté que si elle est partagée par tous.
Du moins, c’est ce que l’on croit, c’est
ce que l’on espère. Ce serait tellement rassurant.
On se sentirait tellement moins seul. Pourtant, de vieux
capitaines m’avaient averti… « Il y a un
temps pour chaque liberté ! Et la liberté est
une semence exigeante ».
Les règles de l’entreprise sont simples. Il
suffit de gagner plus d’argent que l’on en dépense.
Un peu le contraire de la politique, en somme ! Il y a un
parcours à suivre, des mises à rafler, une
caisse de communauté gourmande, des cartes de chance
pour vous soutenir et des stratégies qui dépendent
souvent du bon coup de dés. Ça ferait presque
penser au Monopoly ! Mais surtout, il y a les joueurs ! Il
y a les légalistes rigoureux et comptables. Il y a
les téméraires et les timorés, les perdants
et les gagnants. Il y a les tricheurs, les voleurs, les mauvais
joueurs et les vrais joueurs… Les observateurs et les
acteurs. Et une force les unit. Ils savent bien que sans
joueurs, point de parties. Que plus le nombre de joueurs
augmente, plus la mise grossit, plus la partie est passionnante.
C’est pour cela que, la plupart du temps, un entrepreneur
a l’âme généreuse. Pour partager
la chance qu’on lui a laissée. Pour faire durer
la partie en alimentant le jeu et le nombre de joueurs.
La notion de jeu se retrouvera souvent sur le tapis. Faut-il être
joueur pour entreprendre ?
25 années d’exploration, de voyages m’ont
fait faire le tour de la planète « entreprendre ».
Pour me retrouver de nouveau sur un quai, avec de belles
histoires à raconter, avec une belle histoire à conter.
Celle d’une vingtaine de chefs d’entreprises
dont chaque part de vie nous appartient un peu. Beaucoup
!
Mon invention a, depuis longtemps, commencé sa vie
dans les vitrines des magasins et dans les gondoles des grandes
surfaces. Il a fallu que je sois copié pour ne pas
tirer profit de chaque exemplaire vendu. Mais mon plus grand
profit a certainement été d’avoir vu,
un jour, ce petit appareil à faire le vide dans les
bouteilles de vin entamées fabriqué et commercialisé sous
des appellations aussi diverse que « Vacuvin », « Gardevin » ou
autre « Keep Wine ». Il y a près de 25
ans maintenant, personne n’y croyait. On était
en France et, Môssieu, en France on finit les bouteilles
! Et le marché des portions individuelles et du foyer à personne
unique était en train d’émerger.
Plus que de millions de brezoufs, plus que de Ferrari ou
de château, j’avais gagné le ferment le
plus précieux qui fasse d’un homme, un entrepreneur… la
Foi en soi ! Et c’est bien à la foi de l’entrepreneur
que ce livre est dédié. Avec elle, les montagnes
finissent par se rencontrer, la lune par se fouler, les rêves
par se réaliser.
J’en ai rencontrés vingt, j’aurais pu
en rencontrer cent ! Ou mille ! Les histoires se complètent,
se ressemblent parfois et se rassemblent toujours dans la
même foi.
Comme pour chacun des livres de cette collection, j’établis
donc une vingtaine, environ, de « profils ».
J’ai aussi voulu écouter l’histoire de
cette pièce maîtresse, de cette pierre angulaire
de l’aventure de l’entreprise… L’épouse
! Cela aurait pu être un époux. Ne me taxez
pas de sexisme ! Au travers de mes quatre autres ouvrages,
j’ai retenu une chose. Les confidences d’une
femme sont un joyau rare et précieux… Si rare
et si précieux que leur histoire sort comme un cri
de l’Histoire. Un cri si puissant qu’il se passe
d’être prononcé pour être ressenti
par leur entrepreneur de mari. Ils le savent, ils le disent
rarement. Cette fois, ils l’ont fait écrire
comme une épitaphe sur la tombe des temps enfouis.
Et puis, c’est toujours plus courant et représentatif
de trouver des compagnes d’entrepreneurs que des compagnons
d’entrepreneuses !
Par souci de géographie, j’ai cherché des
entrepreneurs et des porteurs de projets aux quatre vents
de notre bon pays. Précaution inutile, tant l’histoire
entrepreneuriale dépasse le simple cadre des frontières
et des cultures. Entrepreneur à Nantes, Antibes, Clermont-Ferrand,
Brest ou Paris… le jeu est le même. L’accueil
est aussi ouvert.
«
Allô ! Monsieur l’Entrepreneur ? Accepteriez-vous
de me consacrer un peu de votre temps que je sais chargé ?
J’écris un livre sur l’aventure de l’entreprise… Je
vous appelle de la part de votre (expert-comptable, banquier,
président d’association, confrère, client, …).
Non ! Ce ne sont ni vos résultats, ni vos chiffres
qui m’intéressent. C’est vous ! Votre
histoire humaine, votre famille, vos amis, le regard des
autres, votre évolution, vos leçons… Je
voudrais que vous me parliez de vos émotions, de votre
chair, de vos os… de votre âme d’aventurier
des temps modernes ! Mais si… Oui, vous avez raison… Enfin,
nous allons en parler ! »
On a parfois l’impression de réinventer l’eau
chaude ! Et de croire que la communication, le faire-savoir,
ces deux menteurs de notre civilisation, sont nés
avec les nouvelles technologies, c’est à dire
hier… A peine !
Pourtant, depuis que l’Homme a appris qu’il était
plus facile et plus rapide de faire travailler les autres
et d’organiser leur emploi du temps plutôt que
de bosser soi-même, tout seul dans son coin, l’image
que l’on donne de soi est passée au premier
plan des stratégies.
Sinon, à quoi auraient servi, de tous temps, l’info,
l’intox, l’espionnage, le contre-espionnage et
la bombe nucléaire.
L’art de communiquer est devenu un métier. Et
comme pour tout, certains ont, plus que d’autres, besoin
de techniques, quand d’autres cultivent ce grand art
de façon naturelle.
Et lorsque l’art est dépassé par le don,
par le talent et qu’il est ressenti comme tel par les
autres, on peut alors parler de légende. La légende
a ce privilège par rapport à l’image
de soi que l’on veut donner, c’est qu’elle
ne se gère plus. Elle n’appartient plus à une
stratégie, à un individu qui la distille à un
groupe… Non ! La légende entre dans le patrimoine
collectif.
Comme dirait mon copain psy entre deux masturbations de neurones,
la légende participe, en ascendance directe, de l’archétype
social, pour ne pas dire humain !
Ce qui veut dire… Que l’origine du contenu de
la légende se perd dans les profondeurs de l’imaginaire
et du fantasme collectif !!!
Ce n’est vraiment pas chef d’entreprise que j’aurais
dû faire ! Mais directement académicien, Prix
Nobel ou graine de star ! Une stratégie de communication,
une politique d’image, demande une grande réflexion,
de la méthode, avec un objectif bien précis à la
clé. Elle s’organise, se décide, se prévoit à peu
près et aboutit, en principe, à l’effet
escompté. Enfin ! A peu près…
La légende, c’est vraiment autre chose… C’est
le miel qui coule sur une vie… C’est la vie,
le destin, la chance pour certains, qui communique à votre
place. La communication est affaire de science. La légende
est affaire d’inconscience. Lorsque votre image entre
dans l’inconscient collectif, lorsque l’image
que les autres ont de vous prend le dessus sur celle que
vous voulez, ou pas, donner, alors… Vous entrez dans
la légende. Vous pénétrez dans cet espace
tant convoité de la légende, car la légende
est reposante. Elle ne pose plus le problème de l’ego
ou du syndrome de Narcisse puisque vous ne la maîtrisez
pas. Car une légende ne s’improvise pas plus
qu’elle ne se décide. La légende se construit,
communication après communication, image après
image, histoire après histoire… Il se dit des
choses sur vous, ou plutôt sur votre personnage. Des
choses que tout le monde sait, parce que savoir, c’est
tenir en son pouvoir. Savoir sur vous, c’est vous détenir,
c’est vous cannibaliser, c’est dévorer
un peu de votre substance pour se l’approprier. Tant
pis pour vous ! La vie vous a fait jouer un rôle et
c’est de ce rôle dont les autres ont besoin… pour
aimer, pour s’identifier, pour se confronter, pour
se repérer.
Un jour que je m’escrimais à fourbir l’image
d’un personnage qui me payait pour ça, j’ai
eu ma révélation. D’abord, parce que
je me suis mis à n’accepter, depuis longtemps,
de travailler que pour des gens ou des démarches qui
me passionnent. Et puis, j’ai observé… les
grands personnages et ceux qui parlaient d’eux. Et,
surtout, ceux qui parlaient à leur place.
Dans un autre de mes ouvrages que je prépare actuellement,
je traite de la célébrité. Pour cela,
je rencontre donc des personnalités célèbres,
ou populaires. L’un d’eux, mon ami chanteur et
chef d’entreprise Daniel Guichard qui a accepté de
sortir de sa réserve tribale dans laquelle il s’est
réfugié après quinze ans de servitude
publique, m’a expliqué ceci : « Lorsque
tu es connu, beaucoup de gens viennent vers toi, parfois
malgré toi et t’entourent, te parasitent même
parce qu’ils s’approprient une partie de ton
personnage. C’est une façon comme une autre
de combler un vide existentiel. Et puis, au bout de cinq
jours, de cinq mois ou de cinq années, ces mêmes
gens dont certains sont des amis, se mettent à parler
en ton nom. C’est inéluctable et ce n’est
qu’une question de temps… »
C’est ainsi que naissent les légendes grâce,
ou à cause, de ces fameux hommes qui ont vu l’homme
qui a vu l’homme qui… a vu l’ours. Celui-là même
qui se retrouve avec sa peau vendue mille fois avant d’être
tué !
Me voilà, moi-même, en train de contribuer à la
légende de Daniel Guichard en parlant à sa
place !
Et, à force d’entendre travestir des paroles, à force
de voir reproduire des évangiles, à force d’assister à la
fécondation d’une légende et d’une
autre, j’ai fini par me convaincre, à la façon
de Corneille, que : « A âme bien née,
la légende supplante les images tant données ».
Pourtant, il y a toujours comme un sursaut de modestie chez
ces âmes bien nées, lorsqu’on évoque
devant eux le titre de légende.
Tant pis ! Il faut bien se rendre à l’évidence.
Certains êtres deviennent des légendes et pas
seulement au cinéma ou dans les livres d’histoires.
Je connais de ces êtres de légende parmi nos
confrères entrepreneurs et vous en connaissez certainement
aussi.
Je voudrais vous présenter deux d’entre eux.
Je n’ai pas eu de mal à les trouver. Les deux
m’ont été proches. Bien entendu, ils
vont me tirer les oreilles (ce ne seront pas les premiers
!) à me voir les classer au rayon « légende ».
Pourtant !
Jean-Marie
Bruneau a donné son nom à la
plus grande entreprise de fournitures de bureau par correspondance
que notre pays a vu naître. Il le lui a cédé,
voici quelques années, au moment de la revente de
ce groupe gigantesque, qu’il a fondé lui-même,
au groupe « 3 Suisses »… Entreprise,
clients et patronyme du père fondateur étaient
devenus indissociables, foi de stratèges internationaux.
L’entreprise « JM Bruneau » restera « Bruneau » pour
l’éternité. C’est dire !
Pour Jean-Marie Bruneau, la légende s’est
mise en marche à vélo, il y a plus de cinquante
ans. Mais n’insistez pas trop sur la notion de légende
auprès de lui. Son humilité et sa discrétion
sont, justement, devenues légendaires. Toutes les
aventures racontées dans ce livre agissent comme
autant de bouffées d’oxygène dans un
monde pollué par une sorte de sinistrose. Sinistrose
légitime, effet à la mode, mal du siècle
nouveau ? Toujours est-il que l’aventure de l’entreprise
semble en constituer un bon remède, quoi qu’en
disent nos entrepreneurs, au détour d’une
réunion de famille. Il n’est que de les écouter
se raconter… Il n’est que de les voir hisser
leurs souvenirs comme ils ont toujours hissé les
voiles de leur entreprise. Pour prendre le meilleur du
vent… Jean-Marie Bruneau a su suivre les bons courants,
s’aider des alizés les plus prometteurs, s’entourer
des meilleurs équipages et, surtout, souquer, ramer,
observer, contourner, motiver… Il est devenu, naturellement,
sans aucune formation pour cela, un champion de la vente
par correspondance, autrement dit, un virtuose de la communication
et du marketing. Ses principes et ses méthodes défient
les plus grandes thèses développées
dans les grandes écoles. La vie, la famille, l’amitié,
la fraternité et l’humanisme ont leur place,
leur grande place, dans l’entreprise. La famille
et la confrérie Bruneau ont gravé ces valeurs
dans la mémoire de tous ceux qui ont approché cette
collectivité modèle.
J’ai eu ce grand bonheur, alors que j’étais
jeune chef d’entreprise installé dans son
voisinage, de croiser le sillage de l’entreprise
Bruneau. J’étais un jeune président
d’association de chefs d’entreprise, gorgé d’espoirs
et de rêves, chaque matin partant à la reconquête
de mondes oubliés, toujours paré pour l’abordage
de valeurs en ruine, défiant institutions établies
et caciques investis… Les mondes meilleurs ont leur
route, et l’impétuosité de l’âge
leur sert de carte ! Et, l’entreprise Bruneau, frère,
sœur, famille, cadres et amis ont souvent été comme
des étoiles dans le ciel… Perforant les nuages, éclairant
les nuits, m’aidant à garder le cap par leur
présence, la défense de nos bonnes causes… Sans
rien attendre, sans rien en retour que cet hommage.
A 74 ans, Jean-Marie Bruneau est aujourd’hui à la
tête de sa fondation… Devinez pourquoi ? Pour
aider les autres… Des fois qu’il n’en
aurait pas fait assez. Il est quand même des mondes
meilleurs à rechercher sur cette planète.
Ils ne sont pas tous peuplés de dinosaures…
Murielle Caillibot, elle, a fait son choix !
Elle est femme jusqu’au bout du clavier, le revendique
et le défend ! Femme avant d’être « entrepreneuse »… Elle
en joue, même. Elle l’avoue. Tiens donc ! Le
clan des entrepreneurs aurait besoin d’agents féminins
pour dépoussiérer cadres et images… Soit
! La poussière ne lui fait pas peur. Murielle vient
de la terre. Aux femmes « entrepreneuses »,
les Prix, les Trophées et les récompenses
que Murielle rafle sans vergogne, au nom du sacrifice de
ses consoeurs sur l’autel de la famille. Et, comme
elle a le talent en plus… Mais elle sait que pour
elles, une addition se cache derrière chacun de
ces étranges Prix qui résonnent comme des
prix de consolation…
Cadre dirigeante, salariée d’une entreprise
d’informatique, Murielle avait déjà appris
que le monde des décideurs ne libérait les
femmes que sous caution. Droit de voyager, d’évoluer,
de gagner contre classement de la vie de famille aux archives
oubliées…
Une fois libérée, Murielle découvre
la générosité et la disponibilité trop
souvent méconnue de ses nouveaux confrères… Elle
est des leurs. Elle le sait ! Elle est acceptée… la
plupart du temps, et invitée à s’asseoir
autour de la table pour discuter… entre entrepreneurs.
Entre chevaliers de l’économie et de la société marchande.
Mais voilà, Murielle découvre aussi que les
Princes Charmants préfèrent les Princesses à l’indépendance
fragile, aux Chevalières sans peur et sans attaches…
Aujourd’hui, Murielle surfe sur la vague Internet,
créant et gérant des sites… Elle est à son
aise sur cette immense toile d’araignée. Une
femme qui joue avec les araignées inspire le respect
ou fait peur…
Patricia
témoigne pour toutes les femmes d’entrepreneurs,
pour tous les enfants d’entrepreneurs, pour tous
les chantres du statut d’entrepreneur, pour les entrepreneurs.
Son témoignage est un vibrant appel à la
famille, au couple, qui raisonne sans sanction, qui résonne
d’espoirs.
L’épouse de l’entrepreneur fait partie
de lui-même… Elle peut, dans son rôle
le mieux accepté, être sa soupape de sécurité,
qui siffle quand la pression dépasse le supportable.
Elle est son repos, sa confidente, son conseiller le plus
intime, sa béquille parfois, son équilibre
le plus fin…
Si tout fonctionne…
Si l’épouse sait…
Si l’entrepreneur veut…
Si, un jour, au milieu de cette foultitude de formations,
d’assistances, d’aides, de soutiens, de conseils,
d’initiations… Un génie – une
femme ? – se décidait à proposer une
formation pour épouse d’entrepreneur, à suivre
en individuel ou en couple… Le programme s’imagine
aisément et l’on pourrait même proposer,
en option, un suivi psychologique en cas de catastrophe économique,
de séisme conjugal ou d’effondrement personnel
!
Il suffirait d’y expliquer ce à quoi une famille,
un couple, doit s’attendre en traversant une aventure
d’entreprise.
Patricia, elle, a appris sur le tas ! Elle s’attendait à beaucoup
de choses, mais pas à tout ça, pas tout d’un
coup. Elle a bien vu les failles lézarder ses rêves,
insidieusement. Se métamorphoser l’être
qu’elle aimait… le soldat en conquérant,
le lisse en rugueux, le confiant en méfiant, le
présent en absent, le passé nostalgique en
avenir incertain, l’attentif en sourd, le tendre
en marbre.
Patricia a craint… Patricia a lutté, contre
lui, contre elle, contre eux… Patricia a vaincu.
Les failles se sont colmatées, les murs sont plus
solides, des fenêtres se sont ouvertes. Peut-être
les fondations étaient-elles solides ? Peut-être
que le cœur et la raison se sont réunis…
Au nom de tous les siens…
Patricia a accepté de raconter, pour le meilleur… Le
pire s’est noyé dans le marécage de
ses souvenirs, ses yeux embrumés m’en ont été témoins...
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